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Victime-Christelle Mangin

Bonjour,

L’histoire que je vais vous raconter, beaucoup de personnes l’on vécue ; beaucoup la vivront encore si rien ne change pour la sécurité électrique des habitations. Mais l’histoire que je vais vous raconter, peu de gens s’en sortent vivants.

Je m’appelle Christelle Mangin et à l’époque des faits j’avais 3 enfants, Damien, 8 ans, Michel 5 ans, Emilie 3 ans. En 2007 nous venions d’emménager avec mon ancien compagnon dans un appartement sur Vitrolles. A première vue cet appartement semblait très bien, la propriétaire nous avait expliqué qu’elle avait transformé l’appartement en T4 en cloisonnant une partie du salon.

Cela faisait à peine une semaine que nous avions aménagé et il manquait juste le rideau de la chambre des garçons.

Le 23 Novembre 2007 au soir, je me retrouve seule avec mes enfants car mon compagnon travaillait de nuit. J’avais couché Emilie dans une chambre vers 20h30 et le deux garçons Damien et Michel vers 21h30 dans la même chambre sur un lit en métal en fer superposé.

Je ne sais pas quelle heure il était mais je me suis lentement réveillée, j’avais les yeux qui me piquaient et la gorge qui me brûlait ; il y avait de la fumée noire et épaisse dans tout le salon et qui se propageait dans les couloirs de l’appartement. La fumée était descendue jusqu’au niveau du canapé. Ce qui a bien achevé de me réveiller, ce sont les cris de Michel qui m’appelait « Maman, maman, vient me chercher, Maman, Maman au secours » Je me suis levée d’un bond pour aller secourir Michel mais je me cognais aux murs, je ne voyais rien, tout était noir, épais et je ne comprenais pas pourquoi j’avais si mal aux poumons et à la tête.

Une fois la porte trouvée, en l’ouvrant j’ai créé un appel d’air qui a commencé tout de suite à embraser le rideau du salon. Michel était sur le lit mais inerte et complètement silencieux malgré mes cris. Je me suis mis à 4 pattes pour attraper les pieds du petit pour le sortir de cette fournaise mais il ne bougeait pas d’un centimètre car tout avait brûlé sur son lit (couette, oreiller, matelas). Michel avait les dos littéralement collé aux lattes du sommier, c’était tellement atroce, je rentrais mes doigts dans chaque fente du sommier pour pouvoir soulever Michel mais cette chose qui coulait entre mes doigts était la propre chair de mon fils…

Je ne sais comment j’ai fait pour sortir avec Michel dans les bras car le salon était maintenant en flammes, je me souviens que c’est au moment ou j’ai franchi le seuil de la porte de la chambre que le canapé s’est embrasé. J’ai déposé Michel devant la porte de l’appartement dans le couloir commun, je n’ai pas voulu le descendre tout de suite en bas de l’immeuble car il me restait encore 2 enfants à secourir et j’avais peur que la porte de l’appartement se referme.

Je suis donc retournée dans la fournaise car je n’avais pas vu Damien dans sa chambre, j’en ai déduit qu’il était dans la chambre opposée à celle de Michel de sa soeur Emilie 3 ans, où les flammes ne s’étaient pas encore propagées, juste une épaisse fumée noire qui me faisait souffrir et un bruit atroce : les fenêtres commençaient à exploser au contact de la chaleur...

Quand je suis arrivée dans la chambre, Damien avait suspendu Emilie à la fenêtre et hurlait à des gens en bas « Attrapez ma soeur, appelez les pompiers, il y a le feu ». Sans trop réfléchir j’ai récupéré Emilie et j’ai dit à Damien « Tiens moi la main très fort, ne me lâche surtout pas et tiens bien la main à ta soeur car on va se perdre dans cette fumée. Ne me parlez pas ». Damien venait de dire « On va mourir » Je lui ai dit « Mais non, tu vas voir, on va s’en sortir, t’inquiètes pas » alors que je ne savais même pas ce qui nous arrivait. Nous recevions des gouttes de suie du plafond qui nous brûlaient la peau. Le plâtre du plafond du salon se cassait en gros morceaux avec des briques rouges, à la place des encadrements des fenêtres se trouvaient des gros trous, les flammes étaient grandes, nous étions pieds nus sur le carrelage brûlant.

J’avais laissé ouverte la porte de l’appartement pour pouvoir sortir au plus vite de cette horreur et je me rappelle avoir mis mes enfants dans le couloir et de les pousser tout droit devant pour sortir au plus vite de l’immeuble. Mais je n’arrivais plus à avancer, j’avais très mal à la poitrine, comme si j’étais prise dans un étau, j’avais l’impression que ma tête allait exploser ; ma vision avait changé ; pour moi la porte était loin mais je savais les petits hors de l’appartement et je me suis sentie soulagée. C’est à ce moment là que j’ai du me relâcher car je me suis écroulée avant d’avoir atteint la sortie.

Je me suis réveillée à l’hôpital, perfusée et sous oxygène et j’ai vu arriver plusieurs médecins, infirmières, psychologues et ils ont commencé à me demander si je me souvenais de quelque chose ?

Ils ont parlé des enfants Damien et Emilie qui allaient bien, qui avaient été juste en observation et qui se trouvaient maintenant chez mes parents. Mais quand ils en sont venu à Michel « Ne vous inquiétez pas, votre fils est entre de bonnes mains, il est dans le coma mais nous allons tout faire pour le sauver ».

Je me suis mise à pleurer que je voulais le voir mais j’étais interdit de sortie car j’avais besoin d’oxygène. Ils me parlaient mais je ne voulais rien entendre, je voulais qu’ils me laissent sortir pour que je sois auprès de mon fils. En voyant leur refus j’ai arraché la perfusion pour me lever et c’est à ce moment là que le médecin m’a fait signer une autorisation avec une décharge avec un sigle danger de mort. Mais pour moi j’étais OK, je voulais juste voir Michel.

Je suis entrée dans le service des grands brûlés, service réanimation pédiatrique. Devant la porte de Michel il y avait un lavabo avec un miroir où je devais me laver les mains et m’habiller. Je me regarde dans le miroir, j’étais encore noircie par les fumées ; je savais Michel entre la vie et la mort et j’avais très peur de la vision que j’allais avoir.

Cette vision fut un choc. Michel était gonflé, bandé comme une momie, branché à des appareils respiratoires qui ne cessaient de biper, des perfusions intensives pour le réhydrater, je me suis écroulée en le voyant. Michel restera dans le coma durant 1 mois et demi. Mais au réveil il souffrait trop, les médecins ont décidé de le remettre dans un coma artificiel pour lui éviter des douleurs inhumaines.

Quand les médecins décident de le réveiller il est pratiquement sauvé mais dans quel état. Tous les deux jours il faut à nouveau l’endormir pour l’épluchage, qui consiste à enlever les peaux mortes, Michel est toujours sondé pour se nourrir et pour uriner. Par la suite Michel a eu plusieurs problème lors de ses passages au bloc, hémorragies, staphylocoque doré du à du matériel pas propre. Ce fut très dur : Mon fils j’ai du lui réapprendre à marcher, à parler, à manger, à faire ses besoins, je ne voulais pas le voir ainsi rester dans son fauteuil roulant sans réaction. Et puis il s’était renfermé sur lui-même, il s’arrachait les cheveux, il n’avait plus un seul cheveu.

Michel avait un rêve, il s’était promis de devenir pompier. C’est là que me vient l’idée qu’il faut que Michel s’accroche à quelque chose.
Aussi j’ai pris contact avec les pompiers de Vitrolles pour lui organiser une petite surprise avec ses sauveurs les pompiers.

Michel ressemble à une vielle momie enveloppée de bandelette toujours en fauteuil roulant. Dans sa tête d’enfant c’est un grand champ de bataille plein de fureurs, des cris et des flammes, il en parle sans cesse, il dessine des scènes d’incendies. Quand je le sors pour une permission de l’hôpital il a déjà eu 4 grosses greffes des opérations très lourdes pour un petit garçon de 5 ans. Avec le temps son état s’améliore, il est temps de lui faire sa surprise. Je m’étais arrangé avec le Capitaine B.M. de la caserne de Vitrolles qui était intervenu sur l’incendie ainsi que les pompiers des autres casernes qui n’étaient pas là le soir du drame. Tous ces pompiers organisent alors une très belle cérémonie à la caserne pour mon petit garçon.

Michel reçoit des vêtements de pompiers ainsi que le beau casque doré. Il devient la petite mascotte des pompiers de Vitrolles qui l’accueillent régulièrement dans leurs diverses casernes, Michel a même la joie incroyable de monter dans leur hélicoptère et peu à peu, grâce aux pompiers mon fils surmonte sa peur et surmonte sa terreur des flammes.

Grâce à eux il subit avec courage les soins douloureux, les vêtements compressifs qu’il doit porter sans cesse comme une seconde peau en attendant que son état s’améliore. Michel a 14 ans aujourd’hui et a subit en tout 15 greffes plus des brides, il doit encore se faire opérer d’ici quelques mois.

Mais le plus beau dans cette histoire mon fils n’a jamais perdu espoir d’être un jour pompier. Cela fait maintenant 2 ans qu’il est rentré chez les JSP (Jeunes Sapeurs Pompiers) de Vitrolles. C’est pour lui une deuxième famille, les pompiers m’en ont fait un petit homme courageux. Michel a un coeur énorme, c’est ma fierté, un exemple pour d’autre et il ne se laisse pas aller.

Je n’ai hâte d’une chose c’est de voir obtenir un jour son casque remis par son parrain pompier, il pourra enfin monter dans les camions et vaincre ce qu’il l’a rendu plus fort.

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Mis en ligne le 16-07-2014

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